Femmes de réconfort coréennes : la pression monte sur Tokyo

La pression monte pour contraindre Tokyo à nouvelles excuses envers les femmes dites de "réconfort", des Asiatiques, essentiellement coréennes, forcées à se prostituer pour l'armée impériale nippone pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que le Congrès américain s'apprête à se saisir de la question.

Les dirigeants de la droite japonaise, dont le Premier ministre Shinzo Abe, ont répondu à maintes reprises que le Japon avait déjà fait amende honorable pour ces actes.

"Je veux que le Japon et son Premier ministre s'excusent", a réclamé vendredi une ancienne femme de "réconfort", Lee Yong-soo, une Sud-coréenne de 78 ans, lors d'une conférence de presse devant les médias étrangers à Tokyo.

Mme Lee a raconté qu'elle avait été arrachée à sa famille, quand elle était adolescente, pour être expédiée à Taïwan (alors occupée par le Japon) comme esclave sexuelle pendant trois ans.

Elle a récemment témoigné devant une sous-commission du Congrès américain, pour soutenir un projet de résolution du représentant démocrate Mike Honda, qui exhorte le Japon à "s'excuser formellement et sans ambiguïté et à prendre acte de cette tragédie".

Ce texte doit être bientôt présenté devant le Congrès.

Mais le gouvernement de Tokyo rappelle que le Japon a déjà exprimé en 1993 ses "sincères excuses et regrets", en reconnaissant que l'armée japonaise avait été impliquée "directement ou indirectement" dans cet esclavage sexuel.

Au sein même de la droite au pouvoir, certains hommes politiques estiment que le Japon est déjà allé trop loin dans ses excuses, assurant qu'il n'existe pas de preuve matérielle d'une politique systématique de prostitution forcée par les Japonais en Asie.

En visite au Japon, le numéro deux du département d'Etat, John Negroponte, a estimé que le "problème devait être réglé entre le Japon et les pays qui ont été victimes".

Selon les historiens, au moins 200.000 jeunes femmes asiatiques, en majorité coréennes, ont été contraintes de se prostituer dans les bordels de l'Armée impériale japonaise.


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