Ici Séoul, le musicien nord-coréen qui voulait un solo

Kim Cheol-woong a reconstruit sa carrière de musicien à Séoul. Il est concertiste, professeur à l’université, et a même effectué plusieurs concerts solo, ce qui est formellement interdit en Corée du Nord.

Tout avait pourtant bien commencé pour cet enfant d’apparatchiks. Père haut gradé dans le parti. Mère professeur. On voit à son allure qu’il n’a pas souffert dans son enfance. Un aristocrate.

A 7 ans, le jeune Kim commence à apprendre le piano. Et il est doué. Tellement doué qu’il intègre l’université de la musique et de la danse, puis continue ses études musicales à Moscou. Là, avec un camarade violoncelliste, il vit à l’ambassade nord-coréenne, interdit de sortie, session d’auto-critique tous les deux jours obligatoire, c’est la règle pour les « artistes ». Pour les autres catégories en poste à l’étranger, et qui ont ouvert leurs yeux sur une réalité dérangeante, c’est une fois par semaine.

En 1999, il débute sa carrière dans l’orchestre philharmonique de Pyongyang. On n’y joue, bien entendu, qu’un répertoire ultra-classique et essentiellement coréen. Gershwin ou Ravel sont interdits. Cela donne une idée du niveau de liberté. Mais le jeune Kim, lui, est curieux. Il a entendu du Clayderman, populaire partout en Asie. Et il joue « Feuilles d’automne », un air dont on imagine la subversion.

Immédiatement, il est convoqué par le département de la sécurité politique. Il doit écrire une confession de dix pages dans laquelle il promet ne plus jamais jouer une telle musique.

Quelques semaines plus tard, se sachant condamné, Kim Cheol-woong abandonne sa vie privilégiée à Pyongyang et franchit la rivière Tumen, frontière naturelle avecla Chine. Ilsera recueilli par une organisation chrétienne qui vient en aide aux réfugiés. Au bout d’un an de périple, le voilà à Séoul, jouant du piano dans une église dont le pasteur l’héberge.

Kim Cheol-woong a reconstruit sa carrière de musicien. Il est concertiste, professeur à l’université, et a même effectué plusieurs concerts solo, ce qui est formellement interdit en Corée du Nord. Il a joué avec l’orchestre de Séoul. Au Carnegie Hall. Et il a épousé une musicienne sud-coréenne.

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Ce reportage fait partie du Web documentaire "Ici Séoul" produit par Arte et Hikari Films, en partenariat avec Aujourd'hui la Corée et Le Monde.

A Washington et à Séoul, les scénarios sont prêts : avant trois ans, la situation au Nord aura dégénéré. Le régime va s’effondrer, dans la violence. Dans la guerre, peut-être. Pour Séoul, il y a urgence : il faut à tout prix éviter une catastrophe militaire ou humanitaire, dans cette région du monde qui inquiète de plus en plus les chancelleries mondiales…

A travers les portraits de douze réfugiés nord-coréens au Sud, ce web-documentaire vous propose de parcourir les principaux enjeux de cette transformation de la péninsule coréenne.

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Portrait de goja

C'est cool tout ça... Mais les news autre que le nord et ses habitants, c'est pour quand? Parce que y'a pleins de choses INTÉRESSANTES qui s'y passent. Parce que bon, avec un article par trimestre, il serait peut-être temps de penser à renommer le site aujourd'hui la Corée du nord!!!



Portrait de goja

"Parce que y'a pleins de choses INTÉRESSANTES qui s'y passent" je parle du sud évidemment.



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