La Corée du Sud face au dilemme du Cheonan
Le président Lee Myung-bak veut porter le dossier du naufrage du Cheonan, torpillé selon lui par la Corée du Nord, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, et réduire la coopération économique avec Pyongyang. Des mesures qui ont peu de chances d'effrayer Kim Jong-il.
Lee Myung-bak a déployé une rhétorique à la hauteur de l'agacement de son pays, lundi 24 mai, à Séoul, quatre jours après que la Corée du Sud ait accusé explicitement la République populaire démocratique de Corée d'avoir torpillé le Cheonan. La corvette de 1200 tonnes avait coulé le 26 mars, laissant 46 militaires morts. Le président a prévenu que la République de Corée était prête à "exercer son droit à l'auto-défense" en cas de nouvelle bravade.
La "provocation militaire de la Corée du Nord" a placé la péninsule coréenne à un "tournant critique" a déclaré M. Lee au cours d'un discours de dix minutes par lequel il a annoncé le gel de tous les échanges inter-coréens, à l'exception de la zone industrielle commune de Kaesong.
"A partir de maintenant, la République de Corée ne tolérera plus le moindre acte de provocation du Nord et maintiendra un principe de dissuasion proactive" a-t-il assuré, selon l'agence Yonhap. "Si nos eaux territoriales, notre espace aérien ou notre territoire sont violés militairement, nous utiliserons immédiatement notre droit d'auto-défense" a prévenu M. Lee, dans un discours tenu symboliquement au mémorial de la Guerre de Corée.
Concrètement, la Corée du Sud demande à son frère ennemi de s'excuser sur le champ, de punir les responsables et personnes impliquées. A défaut, le Nord paiera "un prix correspondant à ses actes de provocation". Séoul interdira à ses navires de passer dans ses eaux territoriales pour raccourcir leur route. Elle maintiendra toutefois un niveau minimum d'aide humanitaire pour les enfants pauvres nord-coréens et ne remet pas pour le moment en cause l'existence de Kaesong, zone située en territoire nord-coréen mais où travaille un millier de Sud-Coréens, Séoul prenant en compte "ses caractéristiques uniques".
Lee Myung-bak a certes employé des termes menaçants, et s'est déjà assuré le soutien des Etats-Unis et du Japon, il est peu probable que ces termes suffisent à pousser effectivement Pyongyang à fléchir. En face, le régime ermite a déjà menacé d'une "guerre totale" jeudi, suite aux accusations du ministère de la Défense du Sud sur son implication dans l'affaire du Cheonan, en cas d'agression sur son territoire. Le Parti des travailleurs nord-coréen est coutumier de ce champ lexical. Le Rodong Sinmun, journal officiel considérait ce week-end les résultats de l'enquête comme une "provocation intolérable contre la RPDC et une déclaration de guerre non-feinte contre elle" et prévenait : "Nous ne connaissons pas les paroles en l'air. Le vacarme imprudent des forces fantoches conduira à l'hymne funèbre de la clique de traîtres".
La Corée du Nord joue pour assurer sa sécurité et obtenir des avantages de la communauté internationale sur une dissuasion du "fou au fort", en se montrant capable du pire et en apparence incontrôlable, tirant de temps à autres des missiles dans les eaux de la région au prix de remontrances qui ne durent que jusqu'au retour à la table des négociations.. Dans ce contexte, les quelques mots d'agacement du président conservateur Lee Myung-bak, arrivé au pouvoir en promettant d'en finir avec la politique du rayon de soleil menée par ses prédécesseurs et qu'il jugeait inefficace n'ont que peu de chances de faire de faire plier le régime de Kim Jong-il. Ce dernier est bien conscient que la Corée du Sud ne s'engagera pas dans un conflit ouvert.
Séoul a annoncé qu'elle se tournerait vers le Conseil de sécurité des Nations-Unies qui pourrait sanctionner la RPDC, à condition toutefois que la Chine suive. Or Pékin n'a pour le moment pas blâmé la Corée du Nord et a reçu la visite de Kim Jong-il. Hillary Clinton, en visite à Pékin, a dit travailler avec les Chinois sur le dossier et s'efforcer d'éviter l'escalade dans la péninsule.
La seule inconnue pour le moment est la posture qu'adoptera la Chine si l'affaire du Cheonan remonte au Conseil de sécurité des Nations Unies, dont elle est membre permanent.
A lire aussi : La Corée du Nord accusée d'avoir torpillé le Cheonan
Derniers sujets du forum
-
nico26/05/2013Le reportage "no place like homeland" fait le portrait de 10 jeunes d'origine coréenne qui ont... -
Maria9017/04/2013Bonjour à tous! Je suis arrivée en Corée il y a une semaine avec un Visa Vacances-Travail. Lorsque... -
soo kyung05/04/2013Bonjour à tous j'espère que vous allez tous bien ! Adoptée coréenne, je suis chasseur de tendances...
Nuage de Tags
Dépêches...
-
19/06/2013
-
18/06/2013
-
13/06/2013
-
06/06/2013
-
04/06/2013
- 1 de 366
- ››
Recent comments
-
NillLycle8 heures 10 minL'empire Samsung, symbole du miracle coréenグッチバッグ ルイヴィトン 長財布 プラダ コーチ トート グッチ 長財布 、...(suite) -
Maria902 jours 3 heuresKim Jong-un aurait offert à ses généraux des...Si la solution au redressement économique passe par l'économie de guerre comme l'a fait Hitler, on...(suite) -
lilyseoul3 semaines 6 heuresCorée du Sud : les écoles font tricher les élèves...La société met tellement la pression à ses enfants que si ils ne réussissent pas, c'est l'échec de...(suite) -
lilyseoul3 semaines 6 heuresCorée du Nord : le ski bientôt possibleVisiblement, Kim Jong Un ne supporte pas la comparaison, il veut battre les installations du Sud...(suite) -
lilyseoul3 semaines 6 heuresCorée du Sud : l’esthétique passe par la..."entraîne dans un cas sur deux des conséquences dramatiques": le problème est que les médecins...(suite)
Corée sur Twitter
Sur le Forum
-
freak25/05/20133 semaines maintenant... -
Yann17/04/2013Il y a depuis quelques mois un changement de système... Les cartes sont faites à l'extérieur, par une société. Ca fait d'ailleurs raler les agents de... -
Yann05/04/2013Intéressant ! En tant qu'adoptée tu as pris ton prénom coréen ?


