Le missile coréen défie le monde

Il était 11h30, heure locale, sur le pas de tir de Musudan Ri, sur la cote est de la Corée, lorsque ,après 24h de suspense qui ont mis sur les nerfs toutes les capitales asiatiques, la fusée Taepodong 2 a finalement décollé. L'ultime provocation de Kim Jong-Il est condamnée à travers le monde.

L'engin a semble-t-il survolé le Japon avant d'allumer son son 3e étage au dessus du Pacifique. Tous les débris sont tombés en mer.

Tokyo, contrairement à ses menaces, n'a pas tenté de le détruire.

Une importante force navale avait pourtant été déployé ces derniers jours, notamment des destroyers équipés du système Aegis, ainsi que des missiles partiotes dans le Nord du pays. Mais finalement les consignes de prudence de Washington ont été respectées, car Kim Jong-Il avait promis la guerre si son satellite était détruit.

A Séoul, le président, depuis son bunker sous sa résidence où il avait réuni un Conseil de sécurité, parle d'un tir irresponsable. A Tokyo le premier ministre a réclamé une réunion d'urgence du conseil de sécurité. Et dans les deux pays les médias ont diffusé des émissions spéciales qui ont suivi à la seconde le trajet de la fusée.

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, l'engin transportait bien un satellite. Pyongyang affirme d'ailleurs avoir réussi à le mettre en orbite. Washington affirme que ses radars confirment l'échec de la mise en orbite. L'engin nord-coréen se serait abimé dans le Pacifique. L'agence officielle KCNA crie de son côté victoire, en affirmant que le satellite a été mis en orbite comme prévu, et qu'il "diffuse des chants révolutionnaires".

En 2006, lors de l'échec précédent, la propagande avait de la même manière fait croire à la population nord-coréenne que la Croée avait réussi à envoyé un engin dans l'espace, selon des réfugiés nord-coréens à Séoul travaillant pour Radio Free NK.

La Communauté internationale dans son ensemble condamne le lancement. Obama parle de "provocation". Paris estime qu'il "menace la paix et la stabilité régionale". Pékin et Moscou, soutiens traditionnels de Pyongyang, demandent de la modération face au président américain qui espère une "réponse forte".

Le Conseil de sécurité s'est réuni à New York dimanche soir pour examiner la situation. Il n'a pas été capable de trouver un accord pour une résolution sanctionnant le tir, en raison notamment de l'obstruction de la Chine et de la Russie.

Kim Jong-Il, qui possède l'arme nucléaire, a désormais prouvé qu'il était capable de l'expédier sur le sol de ses ennemis.

A Séoul, la population ne s'est pas passionnée pour l'évènement, malgré les éditions spéciales qui se sont multipliées sur les chaines de télévision. Une cinquantaine de manifestants ont brièvement protesté près de l'ambassade des Etats-Unis, en brûlant des portraits de Kim Jong-Il et une réplique de missile, sous l'oeil amusé des passants. Les habitants de la capitale coréenne ont profité du premier week-end ensoleillé de l'année pour envahier les parcs de la ville sans se soucier de la tension avec leur voisin du nord.

 


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