Sécurité renforcée à Séoul pour le G20

Les autorités sud-coréennes ont annoncé des mesures de sécurité draconiennes autour du G20 qui se tiendra en novembre à Séoul. Tout sera fait pour se prémunir d'éventuelles attaques terroristes, et des traditionnelles manifestations anti-G20.

50 000 policiers, dont 20 000 agents anti-émeutes, seront déployés pour le G20

La Corée du Sud n'a pas souvent l'occasion de se faire remarquer sur la scène internationale. Et le sommet du G20 devrait en être une bonne, la plus grande, dit-on, depuis les Jeux Olympiques de 1988.

Le cinquième sommet du G20, qui se tiendra les 11 et 12 novembre à Séoul, sera en effet le plus grand jamais organisé, avec près de 10 000 participants, dont 32 chefs d'Etats et des représentants d'organisations internationales.

Et la Corée du Sud, qui en est l'hôte, est déjà bien avancée dans les préparatifs, notamment en matière de sécurité.

Des risques d'attaque de la Corée du Nord

Parmi les préoccupations principales, la Corée du Nord. Dans une conférence de presse lundi dernier, le chef de l'Agence Nationale de la Police Cho Hyun-Oh, qui faisait l'inventaire des mesures prises pour assurer la sécurité des participants au G20, a rappelé la propension de la Corée du Nord à jouer les troubles-fête lors des grands événements.

On se rappelle en effet comment le royaume Ermite avait torpillé un avion de ligne en 1987 alors que le Sud s'apprêtait à accueillir les J.O, ou comment un conflit maritime avait éclaté à la frontière en 2002, lorsque le Sud co-organisait la coupe du monde.

Et ni le torpillage d'une corvette sud-coréenne en mars par le Nord, ni l'actuelle passation de pouvoir entre Kim Jong-Il et son fils Jong-Un, facteur d'instabilité, ne sont là pour rassurer.

En conséquence, le ministère de la défense s'est préparé à huit types d'attaques de la part du Nord, selon le site Voice of America, y compris des intrusions via la ligne de démarcation maritime Nord-Sud en mer jaune, ou via la rivière Han.

Selon M.Cho, l'armée se tiendra prête avec des missiles anti-aériens dans la capitale, et la marine sera également en alerte.

Les manifestations sous contrôle

En outre, les autorités ont déployé tout un dispositif pour se prémunir des manifestants. En marge des sommets du G20 (et auparavant, du G8), des rassemblements à tendance alter-mondialiste ont traditionnellement lieu pour s'opposer aux politiques néo-libérales et aux institutions internationales qui les mettent en oeuvre.

Ces manifestations sont également l'occasion pour des petits groupes ultra-violents tels que les "blacks blocs" de commettre diverses dégradations et cassages.

C'est pourquoi les 11 et 12 novembre, la capitale sera placée en état d'alerte maximale. Un tiers des forces de police du pays, soit 50 000 policiers, sera déployé pour couvrir l'événement, dont 20 000 agents anti-émeutes.

Et le "Grand Parti National" au pouvoir a fait passer un décret qui interdit toute manifestation dans un rayon de deux kilomètres autour de l'hôtel COEX, où se tiendra le sommet.

Selon le Joongan Daily, bien qu'ayant renoncé à l'utilisation de "canons à son" en raison des risques de dommages irréversibles sur les manifestants, la police utilisera tout de même, comme l'a expliqué M. Cho, "tous les équipements disponibles, y compris les canons à eau".

Selon le Dong-A Ilbo, la police de Séoul a réquisitionné un grand studio de cinéma situé alentour qui servira de centre de détention pendant le sommet.

Les associations mobilisées

Et les manifestants risquent en effet d'être au rendez-vous.

En septembre, 81 groupes syndicaux et civils ont créé une confédération destinée à protester contre le sommet, avec pour mot d'ordre : "les peuples d'abord".

Le premier octobre, ils ont tenu une journée spéciale pour protester contre la décret empêchant toute manifestations autour du COEX, que l'un des organisateurs, Lee Chang-geun, a qualifié d'"anti-démocratique" puisqu'elle "supprime le droit de se rassembler et de manifester".

Du 6 au 12 novembre, les 81 associations ont organisé une "semaine d'action collective des peuples", destinée à informer le public via diverse activités.

"Loin d'éliminer les causes réelles de la crise, (le G20) a toujours essayé de sauver et de stabiliser le système existant, venant en aide au déclinant FMI qui a imposé la mondialisation néo-libérale et les ajustements structurels de tous les pays, et qui détient une grosse responsabilité dans la crise", a estimé la Confédération Coréenne des Syndicats dans un communiqué.

Image of Corée du sud. : Economie sociale et société civile
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